Quand la honte devient toxique




Avez vous déjà entendu parler de honte toxique?

Peut-être que non, pourtant il y a fort à parier que vous-même ou plusieurs personnes autour de vous en souffre en silence, et sans même peut-être en avoir conscience.


Selon John Bradshaw, la honte qui est un sentiment humain et normal, devenue toxique dégénére en une veritable maladie de l’âme.

Il explique que la honte devient toxique quand au lieu de concerner l’action elle-même, elle est étendue à l’individu.


Le problème n’est plus dans l’action, mais dans l’individu.

La honte a été intériorisée, elle n’est plus vécue comme une émotion mais comme un état d’esprit permanent, une identité en soi.


La honte toxique est une émotion qui nous paralyse plus que tout autre. C’est la dernière des émotions que nous sommes prêts à avouer, et à partager.

Et pour cause! Puisque la honte toxique, c’est littéralement la honte de nous, le sentiment que nous sommes inférieurs, médiocres, anormaux.

Comment oser partager cela quand on y croit dur comme fer, quand on pense que cette émotion nous dit la vérité sur nous ?

John Bradshaw la décrit comme donnant lieu à une atroce impression d’être brutalement mis à nu, à une profonde scission intérieure qui se manifeste par l’impression d’être coupé de soi-même et des autres.

On entend peu parler de la honte, alors qu’il y a tant de literature sur la colère, la peur ou la tristesse.


Et pourtant je constate comme elle est présente en nous et tout autour de nous, et particulièrement dans sa forme toxique, donnant naissance à toute sortes de phénomènes de compensation comme les dépendances au travail, à la nourriture, au sport, au regime/jeune…


Ces addictions sont des recherches d’apaisement, qui n’apaisent qu’un temps, et sur le long terme ne font que nourrir la honte. On se dit alors que l'on a honte de l'addiction, et la honte toxique, noeud du problème, reste bien cachée.


C'est sans doute pour cela aussi que parfois en lâchant une addiction on peut avoir tendance à glisser dans une autre.


Et puis, la honte toxique constitue également un milieu très favorable au développement du perfectionnisme.


Un perfectionniste n’éprouve pas un sentiment de honte normale, il n’a pas conscience de ses limites donc il ne sait jamais quand s’arrêter dans sa recherche de perfection.

« Quand le perfectionnisme fait loi, la comparaison de notre propre moi avec celui des autres nous amènes inévitablement à éprouver un sentiment d’infériorité » ~ Kaufman


C'est important à savoir, car la premiere étape pour se libérer de toute chose est tout d’abord dans prendre conscience.


Prendre conscience de la honte en soi est la première chose à faire.


Quand nous commençons à l’observer, nous avons déjà mis une distance entre elle et nous, nous n’y sommes plus totalement identifés.





Christel

Photo de Eleanor Brooke


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