Peut-on forcer l'inspiration?



Quand aurez-vous un peu pitié de chaque chose fragile qui marche dans ce monde, y compris vous-même. ~ Mary Oliver

Je cherchais une idée d'article et cette citation m’a touchée. Mais après l'avoir notée, je tournais en rond.

Je n'étais pas inspirée, et il fallait que je le sois, c'est ce que me disait l'histoire dans ma tête. Il serait bientôt vingt heures, et si je tardais trop, je risquais de ne pas avoir le temps de l'écrire.


Bien-sûr, plus j'entretenais ces pensées, plus je ressentais la pression, moins ça venait.


Il y a un temps, j'aurais pu me sentir réellement frustrée par cette situation, mais là ce n'était pas le cas, car j'ai appris à être curieuse de mon expérience, et à m'observer faire. Cela fait aussi partie de ce que m'intéresse dans cette pratique qui consiste à écrire un article de blog tous les jours: j'observe le processus créatif.


Je sais que je ne peux pas forcer l'inspiration, mais que je peux l'inviter. Il me fallait lâcher -prise. J'ai donc refermé mon portable, et je suis allée me changer.


En revenant, j'ai eu envie de tirer une carte de Tarot, et me laisser inspirer. C'est le 10 de bâtons qui est sorti. Bien-sûr, clin d'oeil de l'univers, cette carte venait me parler de pression. Ou comment se mettre la pression pour faire des choses avec lesquelles nous ne sommes pas alignés...


Je poussais parce que je n'avais pas confiance que mon "flow" m'emmènerait là, si je ne prenais pas les choses en mains. Je ne faisais pas confiance qu'à un moment je serais inspirée et que j'aurais envie d'ouvrir mon portable et d'écrire. Il fallait que je me mette la pression pour que ça se fasse... C'est une habitude qui a la vie dure.


Eh oui, c'est un apprentissage de sortir de ce vieux paradigme, qui nous à appris que nous devions nous mettre la pression pour y arriver, nous forcer à avancer, faire preuve de caractère, et c'est une manière bien dure de vivre dans ce monde, Mary Oliver avait raison. Ayons pitié de chaque chose fragile qui marche dans ce monde, y compris nous-mêmes...






Christel

Photo de Irena Carpaccio