Oser ou ne pas oser?



Ce soir, c'est le Mat qui s'est invité.


Posées devant moi, côte à côte, se trouvent la carte du Light Seer’s Tarot et celle du Tarot de Marseille Traditionnel.


Sur cette dernière, je vois un homme en chemin, une toute petite besace sur l'épaule. Il emporte peu de choses avec lui, et avance le regard tourné vers le ciel.


Cette image me rappelle le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. J’ai eu très envie de le faire à une époque où je cherchais désespérément à retrouver du sens à ma vie.


J’ai lu plusieurs récits autobiographiques de personnes ayant fait ce chemin dont Paulo Coelho, ainsi que son roman « Le pèlerin de Compostelle ». Ce qui dominait dans ces histoires, c’était un désir de profondeur, un besoin de redonner du sens à sa vie.


Une fois dépouillé de nos rôles, de notre quotidien, de notre environnement habituel, de nos routines, que reste-t-il de nous?

Le pèlerin quitte le confort, et ce qu’il connait pour aller vers l’inconnu. Ne sachant pas ce qui l’attend sur le chemin, ou où il dormira.

Il quite la sécurité de son quotidien pour s’ouvrir à l’inconnu. Il accepte de sortir de sa zone de comfort pour s’ouvrir à ce qu’il ne connait pas.


Pourquoi? Que cherche-t-il? Qu’a-t-il envie d’explorer?


Clairement, ce n’est pas du tourisme, il ne part pas découvrir les routes de France et d’Espagne, ou pas seulement. Il y a plus, le coeur de sa quête, qui est la découverte de lui-même.


Il se découvre en marchant. Il se découvre dans l’experience.

Quand on hésite entre faire et ne pas faire, il faut toujours choisir de faire, d’expérimenter, sentir ce que cela fait, nous dit le Mat.

En partant sur le chemin, le pèlerin se met aussi en marge de la société. Là où « tout le monde » vit une vie rythmée par les heures de travail et les tâches quotidiennes, lui vit une vie de marginal. Ne travaillant pas, n’ayant pas de domicile fixe, ne sachant pas ce qu’il mangera le lendemain, où il dormira.


Ce mot marginalité est souvent vu comme négatif, signifiant une personne qui vit en marge de la société parce qu’elle n’en accepte pas les codes, parce qu’elle la fuit, ou en a été rejetée, bannie, réellement ou symboliquement.


Voir aussi, ici, tout le poids du jugement sur la différence, sur « ceux qui ne sont pas comme nous », ou qui font des choix différents. C’est aussi cela que le Mat transcende dans sa démarche, le besoin de validation, d’appartenance.


Son désir d’appartenance à lui-même est plus fort que tout.


La marginalité est, ici, synonyme de non conformisme, d’originalité, de singularité, d’individuation. C’est à la recherche de cette singularité que le Mat se met à route.


Ce noyau, cette vérité, qui ne dépend pas d’un regard extérieur pour être validé, aimé, reconnu.


Le Mat est un iconoclaste, qui ne craint pas de « défrayer la chronique ». En avance sur son temps, il est visionnaire. Il voit plus loin que le prêt-à-penser qu'on lui tend. C'est un Libre-penseur.


Son bâton en forme de cuillère me rappelle les « bols d’aumône » des moines boudhistes qui mendient leur nourriture, chaque jour.


Dans le bouddhisme, cette pratique bien établie de la mendicité, est reliée à la recherche de détachement.

Et de fait, en partant sur le chemin, le pèlerin accepte aussi de faire confiance à la vie. Il apprend à s’ouvrir, devenir réceptif, se laisser nourrir par elle, au sens propre comme au sens spirituel.


Il se re-place dans le flot de la vie, et avance avec lui.


En perpétuel devenir, quand on lui demande qui il est, il répond "je ne sais pas".


"Ce sont les définitions qui nous empêchent de vivre.

Choisir la non-définition, c'est vivre!"

~Alexandro Jodorowsky



Christel

Photo de Sixteen Miles Out

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