C’est le jeu, ma pauv’Lucette!



Vous ne vous demandez jamais quel est le sens de cette vie?

Moi, oui. Cette question revient régulièrement, plus comme une contemplation, que dans l’idée de trouver une réponse.


J’imagine que la plupart des gens ne se la pose pas. Quand on est pris dans le rythme du quotidien, que l’on court dans sa roue de hamster, il n’y a pas de temps ni d’énergie pour ce genre de question. Il y a les factures, les crédits à payer, l’école pour les enfants, penser à passer au pressing, etc, etc, etc.

C’est le genre de question que l’on se pose quand soudain un événement nous propulse hors de notre roue. Pour la première fois peut-être, nous ne sommes plus sur pilote automatique, et nous posons un regard lucide sur notre vie.


Cet événement qui nous éjecte hors de la roue est généralement une perte, qui nous fait comprendre que cette course contre la montre est pipée. Nous n’aurons jamais "tout bon, sur toute la ligne". En chemin, il va forcément y avoir des pertes, parfois matérielles et parfois humaines.

Comme disait une pub du Loto « c’est le jeu, ma pauv’Lucette! »

Et cela devient de plus en plus évident avec l’age.

Alors, tout ceci serait bien déprimant si le but de la vie était d’arriver quelque part, ou de pouvoir cocher toutes les cases:


Relations ☑︎, Travail ☑︎, finances☑︎, Santé ☑︎, enfants ☑︎…


Je pense à la célèbre phrase de Jacques Segala « si à cinquante ans on n’a pas une Rolex, c’est qu’on a raté sa vie». C’est ce que l'on nous vend : le sens de la vie, c’est la réussite matérielle.


C’est pourquoi tant de personnes courent dans leur roue, désirant atteindre cet horizon confortable qui leur échappe sans cesse. Avec le temps vient alors la lassitude, la deception, l’aigreur, « Pourquoi eux, et pas nous? ».


Ce sont toutes les scènes de théâtre qui se jouent dans nos têtes… Nous faisons les règles, nous décidons du sens que nous donnons à la vie, et nous nous critiquons de ne pas atteindre les objectifs que nous avons nous mêmes fixés. N’est-ce pas une forme de masochisme?


Dans ce schéma, le gravier qui bloque la roue et nous en éjecte est vue comme l’empêcheur de tourner en rond, alors qu’il est plutôt une opportunité de se réveiller du cauchemar que nous nous créons.


Hors de la roue, nous pouvons entendre d’autres sons de cloches, ceux de notre nature profonde, qui nous invite à une participation pleine et entière. Quitter le pilote automatique, et jouir du moment sans attendre cet horizon vague et lointain... Choisir sa joie, maintenant.