Se poser à l’intérieur de soi



Me poser à l’intérieur de moi.


C’est l’invitation que j’entends là, ce matin. Il y a beaucoup de bruit dehors. Je l’entendais déjà allongée dans mon lit, à travers les fenêtres fermées... les travaux de juillet.

Je réalise que c’est assez symbolique de la vie en ce moment sur les réseaux sociaux et dans les médias. Beaucoup de bruit. Beaucoup d’avis pour ou contre. Beaucoup de conseils, et pas beaucoup de « je ne sais pas ».


L’égo, le mental domine. Il domine dehors et il domine dedans, en nous, quand nous n’y prenons pas garde. Il est si facile de ne pas le voir puisque quelque part « il est nous ». Ce qui l’active et lui donne de la force, c’est la peur. Peur de l’inconnu ou plutôt ce que l’on projette sur l’inconnu.

Comme nous aimerions retrouver le confort de « comme c’était avant », où les gens portaient des masques seulement dans les films, ou dans un futur potentiel, vague et lointain.

Retrouver son monde d’avant, ses habitudes d’avant, pouvoir à nouveau s’endormir à moitié, se mettre en pilote automatique... Retrouver l'insouciance.

Alors que là, la vie nous ramène sans arrêt à la conscience, à la présence.

Pour l’égo, la période est vraiment difficile. Dès que nous sommes en périphérie de nous-mêmes, c’est difficile. Le mental prend le dessus et il nous fait une vie d’enfer.

Il y a la vie et il y a ce que nous pensons de la vie. ~ Katie Byron

Et puis, si je reviens ici maintenant. Je sens alors mes pieds sur le sol - la surface lisse de la table en bois sous ma main - le stylo qui glisse sur la page - par la fenêtre ouverte, les bruits de la ville et le chant des oiseaux.


Elle est là, la Vie. Elle se déroule sous nos yeux d’instant en instant.


Trop souvent nous confondons la vie, avec les scénarios dans notre tête. Nous confondons le monde avec la représentation mentale que nous en avons.


Quand nous pensons ça semble si solide.


Oui mais, ça ne l’est pas.




Christel

Photo de Camille Brodard