Qui a dit que la vie devait être parfaite?




Ce matin en allant à la cave, j’ai entendu la chaudière démarrer alors que je passais devant. Je me suis alors souvenue une nuit, il y a 4 ans, où l’ancienne avait rendu l’âme.


A minuit, nous étions accroupis dans la cave à éponger le liquide épais et noirâtre qui se répandait tout autour. C’était l’hiver, et le premier jour de neige.

J’ai eu une bouffée de gratitude en pensant à ce moment. Gratitude d’avoir une chaudière qui marche, et pas de catastrophe à gérer dans l’immédiat.

C’est si facile de prendre notre vie pour de l’acquis, de prendre le confort comme quelque chose de normal et d’attendu.

Mais qui a dit que la vie devait être parfaite?

Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants…

Les histoires que l’on nous raconte dans les contes de fées ne sont que cela, des histoires. Tout comme ce que l’on voit dans les comédies romantiques où “tout se passe bien”. Ce ne sont que des perspectives, et de plus très limitées.

Si nous modelons inconsciemment nos attentes sur ces histoires, nous ne pouvons être que déçus et aigris parce que la vie ne tient pas ses promesses.

Nous n’avons pas cette vie parfaite que nous voyons dans les publicités… Alors nous courons dans nos roues de hamster, pour nous rapprocher de cet horizon où tout sera enfin aligné, où nous pourrons nous reposer et vivre en paix ( avec ou sans beaucoup d’enfants).

Mais bien sûr plus nous courons plus l’horizon parfait semble s’éloigner à la même vitesse.

En chemin, nous avons gobé l’idée que le bonheur était conditionnel.

Quand j’aurais…. Je serai heureux.

Nous avons gobé l’idée que le bonheur était extérieur à nous.

Et si on nous avait menti?

Et si le bonheur était plus accessible que nous le croyons?

Et s’il était déjà là au creux de nous, attendant d’être dévoilé?

Il tiendrait en un mot:

Contentement

Être content de ce que l’on a. Être content d’avoir un chez soi. Être content d’avoir des personnes à aimer autour de soi. Être content de se réveiller dans un lit douillet. Être content de voir le printemps pointer son nez.

Il y a tant de raisons d’être content quand on commence à bien regarder nos vies.


Tant de choses qui se passent bien, tant de ressources disponibles, tant de possibilités…

Ne sentez vous pas vôtre cœur se dilater en y pensant?

Et si le bonheur était une affaire de perspective, de regard que l’on pose sur la vie, soi-même et les autres?

Un regard qui viendrait de la prémisse que la vie sera toujours parfaitement imparfaite, qu’il y aura toujours quelque chose qui ira de travers, et nos attentes seront déçues encore et encore parce que la vie n’en fera qu’à sa tête.

Un regard qui se souviendrait que nous sommes vivants pour un temps limité, comme tous ceux qui nous entourent.

Un regard qui verrait la vie comme un Grand Jeu dans lequel nous avons des dés à lancer, chaque jour, tant que nous sommes là.


Alors profitons-en, réjouissons-nous, et soyons heureux sans conditions.



Christel

Photo de Han-Hsing Tu




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