Nos réglages par défaut



La vie toujours bascule entre l'ombre et la clarté,

l'espoir et le désespoir,

la tourmente et la paix.


Cet après-midi, j'ai retrouvé par hasard un texte écrit pour les obsèques de ma grand-mère, il y a vingt ans. J'avais un vague souvenir du début, les quelques lignes empruntées à Martin Gray, que j'avais choisi dans les textes proposés par la paroisse. Je me souvenais de phrases poétiques, mais ce qui m'a surprise, c'est l'idée omniprésente que la Vie est une lutte.


Toujours la vie est à reconquérir.

Ceux qui croient avoir atteint le dernier obstacle se trompent;

il y a toujours un autre obstacle, un autre combat


La jeune fille que j'étais alors le croyait, et j'ai de la compassion pour elle. La femme que je suis maintenant, ne le croit plus. Ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas connu d'autres challenges depuis, ou que je n'ai pas souffert, mais ma vision de la vie a changé.


J'ai pris conscience que mon regard sur la vie, impactait directement sa qualité. Ce qui m'a motivée à changer mon programme par défaut ou Mindset. Pour ce faire, j'ai en quelque sorte testé la vie, j'ai expérimenté. Il me fallait mettre à l'épreuve mes croyances sur la vie, pour voir s'il était possible de la voir autrement que comme un combat.


L'idée que la vie est un combat, est une mentalité que l'on retrouve chez beaucoup d'entre nous, et ce n'est pas par hasard. Nous sommes conditionnés à voir ce qui ne va pas, à mettre l'accent sur les problèmes et la douleur. J'ai découvert plusieurs raisons à cela. Déjà, le fait que nous ayons hérité du cerveau reptilien de nos ancêtres qui chassaient et se battaient pour survivre, et pour qui une faute d'inattention pouvait être fatale.


Selon Wikipedia, cette partie de notre cerveau dites archaïque et primaire, a 400 millions d'années. Elle régît les comportements primitifs assurant les besoins fondamentaux, dont l'instinct de conservation et certains réflexes de défense. Nous avons donc hérité de ces réflexes, mais nos vies elles ont bien changé. Nous sommes maintenant rarement confronté à une bête sauvage en sortant de chez nous. Nous n'avons plus à chasser ou nous battre, pour la plupart, mais l'instinct de conservation veille toujours pour détecter un danger potentiel.


Et en cela, il est grandement aidé par les médias qui collectionnent les nouvelles catastrophiques, privilégiant le sensationnel et le choquant. Les nouvelles sont toujours une litanie de ce qui ne va pas, et maintenant avec internet, nous pouvons même être au courant en temps réel des histoires les plus terribles de la planète.


Une question interessante à se poser, est qui décident des news? Qui decident de cette vision du monde qui est diffusée sur les ondes? Actuellement, cinq agences de presse assurent 80 % des flux mondiaux, deux sont américaines, une canado-britanique, une française et une russe. Elles décident de quoi seront faites les news du jour. Elles choisissent parmi les 7 milliards d'humains et presque 200 pays, qui et quoi sera à la une dans quasiment le monde entier.


En arrivant à l'âge adulte, nous sommes donc déjà totalement conditionnés à voir ce qui va mal ou pourrait mal aller. C'est notre programme par défaut, et c'est aussi ce dont nous parlons tous les jours, les problèmes ou les personnes problématiques dans nos vies. Parler de son mécontentement au sujet de son boss, sa voisine ou un membre de sa famille, est accepté et même attendu.


Il n'est pas étonnant alors de voir la vie comme un combat.


Alors que faire pour changer sa perspective? Il faut déjà en avoir l'intention. Poser l'intention de réorienter son regard sur ce qui va bien dans sa vie. Nous allons apprendre à apprécier ce qui est là, au lieu de focaliser sur ce qui manque. C'est un entraînement de l'esprit. Cela peut commencer par noter chaque soir, trois choses pour lesquelles on est reconnaissante.


Au début, on a du mal, l'esprit lutte. Eh oui, cela va à l'encontre de ce qui l'a nourrit jusque là. On a l'impression que ce qu'on écrit est factice, on ne sent pas la reconnaissance dans son coeur.


Et puis, petit à petit, les résistances diminuent. Je vois de plus en plus de choses dans mes journées qui pourront être inscrites dans mon carnet de gratitude le soir, me confiait une cliente.


L'esprit est ainsi fait, il cherche ce pour quoi on le programme.