Nos limites perçues



Je vais au-delà des limites perçues, et je reste ouverte et confiante. ~Neuf de Bâton

Les limites perçues, c'est ce que j'explore actuellement. Je me suis lancée comme défi de suivre l'exemple de Seth Godin, en écrivant un article de blog tous les jours. J'étais curieuse de faire l'expérience concrètement, de voir ce qui se passe quand je me mets devant mon écran chaque jour pour écrire.


Pendant longtemps, je croyais qu'il me fallait attendre l'inspiration, et par conséquent, la création de contenu était très irrégulière. J'avais cette idée que je ne pouvais pas "forcer" mon esprit, que si je n'avais pas envie d'écrire, c'est que je n'avais rien à écrire. Depuis, j'ai pu mettre cette limitation perçue à l'épreuve mainte fois, comme dans les ateliers d'écriture creative.


J'ai appris que l'envie ou non envie ne me dit rien de ma capacité à écrire, ça me dit juste le type de pensées que j'ai à l'esprit à ce moment là. Quand je projette un résultat satisfaisant j'ai envie d'écrire, quand je projette un résultat insatisfaisant je n'ai pas envie d'écrire, tout comme dans la perspective d'un résultat apeurant.


Je sais aussi que mon envie d'aller consulter mes mails ou jeter un oeil à ma page Fb est un moyen d'apaiser mon esprit. S'il a besoin d'être apaisé c'est le signal que mes pensées le mettent dans l'inconfort. Souvent c'est une pensée qui me dit que je n'ai rien à écrire d'interessant sur le sujet que je m'apprête à aborder.


Ensuite, quand j'écris comme maintenant, la pensée qui vient me dit que ce que j'écris n'est pas cohérent, c'est décousu. J'entends cela presque pour tous les textes que j'écris.


Je pense aux peintres qui brulent leurs toiles parce que leur critique intérieur leur a dit que ce n'était pas suffisant, pas correct, pas bon...


Cela demande de l'habitude et de l'expérience, pour ne pas se laisser désarçonner par les jugements du censeur ou critique intérieur.


La pratique qui m'a beaucoup aidée au départ est celle de Julia Cameron, Les pages du matin. Il s'agit de trois pages format A4, que l'on écrit d'une traite en suivant le flux de sa conscience, quelque que soit ce qui nous vient à l'esprit. On ne doit pas lever le stylo, et ne pas s'inquiéter ni de l'orthographe, ni de la grammaire, ni de la ponctuation. Et puis, une fois qu'elles sont écrites, il faut les mettre de côté et ne pas les lire avant huit semaines.


Mon expérience m'a montré que la régularité était aussi importante que l'inspiration. ~Julia Cameron

Avec cette pratique, j'ai appris à entendre le critique intérieur sans me laisser désarçonner. Je sais aussi qu'il sera toujours là, et qu'il changera de déguisement. Au paravant, il me soufflait "je ne vais pas savoir" et ça avait le don de me mettre très mal à l'aise.


Ce n'est pas cohérent, c'est décousu...


Ces critiques là sont plus récentes. Il est malin, il sait que vu que j'ai déja écrit une cinquantaine de textes d’affilée, le "je ne vais pas savoir", je vais avoir du mal à y croire.


Le but du critique intérieur est de m'arrêter, et cela part d'une intention louable: il veut me protéger. Lui, il est resté à l'âge de l'enfance. Il a enregistré que si je brillais un peu trop je pouvais m'attirer les foudres des autres, et il sait que ça fait mal. Donc, sa logique est simple: si elle n'écrit pas, elle ne partage pas, elle n'aura pas mal. Point.


Ce que je constate, c'est que nous nous inquiétons trop de pouvoir changer ce qui se passe dans nos têtes, alors que nous pouvons apprendre à passer outre.

En défiant nos pensées par des actions et en nous exposant aux situations auxquelles nous résistons, nous entraînons nos cerveaux à voir le monde de façon plus consciente. Nous nous habituons à vivre la vie "telle quelle" plutôt que de la façon dont nous pensons qu'elle est. ~John Gary Bishop

A une époque, il m'aurait paru impossible d'écrire tous les jours sur mon blog, et c'est ce que je fais pourtant depuis 55 jours.


Ce que ce challenge me confirme, c'est que nous avons seulement besoin d'une vraie envie d'essayer. L''important de ce genr