La force intérieure



Vous devez être hardi, vous devez être fort.

Et la plus grande force est de dire oui au vrai.

~ Mooji


Longtemps j'ai vu la force intérieure dans sa description masculine, avec l'idée de se dépasser qui impliquait quelque part de se forcer.


La nécessité de se dépasser était bien ancrée en moi. Jusqu'au jour où j'ai entendu une coach me dire "ça aussi c'est une croyance".


J'étais troublée, confuse. J'avais l'impression que l'on venait de me retirer un tapis de sous les pieds. J'avais été élevée autour de cette idée... Il faut être fort, se dépasser.


Depuis dans mon travail de sophrologue coach, j'ai accompagné de nombreuses clientes avec cette vision de la vie. Plusieurs étaient au bord du burn-out ou en avaient déjà vécu un. Elles avaient eu des signaux d'alerte répétés qu'elles n'avaient pas écouté.


Dans cette vision erronée de la force, lever le pied devient un aveu de faiblesse. "Dans la famille, on est fort", me disait l'une d'elles.


Nous ne réalisons pas à quel point nous sommes vastes, complexes et plein de paradoxes.


Dès que nous identifions très fort à une partie de notre expérience, nous en excluons une autre. Se dire fort, c'est exclure la faiblesse en soi...


Nous ne voyons pas que notre inconscient tri sans arrêt les informations de notre expérience, du monde autour de nous, pour la faire correspondre à notre vison de nous-mêmes et du monde.


Ce que nous appelons alors force intérieure devient une forme de violence envers soi-même, une maltraitance. Notre corps, notre système, dit stop et nous continuons. Notre coeur dit non, mais nous ne l'écoutons pas.


La tête a pris le control et décide de ce qu'il est juste de faire ou pas, de ce qui correspond à cette image que nous avons de nous-mêmes: je suis quelqu'un de fort. Moi, je peux endurer...


Dans cette vison de la force, il n'y a pas de place pour la vulnérabilité. Se montrer vulnérable est aussi considéré comme un aveu de faiblesse. Avouer sa fatigue, sa peur ou son découragement est juste impensable. Ce serait comme se montrer nu face aux autres.


Il y a pourtant une autre façon de le voir, une perspective de la force plus féminine... Où les personnes réellement "fortes" intérieurement seraient celles qui ont acceptée et intégrée leur vulnérabilité. Celles qui n'ont plus à la cacher et la défendre. Elles n'ont plus alors à montrer autre chose d'elles-mêmes que ce qu'elles sont.


Et existe-t-il une plus grande force que celle de n'avoir rien à cacher, rien à défendre?







Christel

Photo de Scott Goodwill

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