L’amour n’est qu’à une pensée de distance.



L’amour n’est qu’à une pensée de distance.

Rappelle toi de t’en servir souvent.

Il ne peut jamais s’épuiser.

~ Roger McGowen


Condamné à mort, c’est le titre du documentaire que j’ai regardé hier soir. Au titre on pourrait imaginer quelque chose de déprimant, et contre toute attente ça ne l’est pas.


C’est un film qui donne de l’espoir. Si cet homme peut voir la vie comme il la voit, c’est que ça nous est accessible aussi.


Ce documentaire parle de Roger McGowen, un homme qui est en prison depuis 1987, dont 25 ans dans le couloir de la mort, pour un crime qu’il n’a pas commis.


On le voit vivre dans sa cellule de 2 mètres sur 3, où il passe 23 heures sur 24. Il peut toucher les murs en écartant les bras, et le plafond en tendant la main.


La 24 ème heure, il sort dans une cour avec des murs de 4 mètres ou il ne peut voir que le ciel, et où il se trouve seul également.


Le petit déjeuner est servi à 2h30, le déjeuner à 9h, et le souper vers 15h (parce que c’est plus pratique pour la cuisine…)


On n’imagine pas, dit-il, ce que c’est que de ne jamais être enlacé par une autre personne, ce qu’il a connu pendant 14 ans. Sa famille habite loin et n’a pas les moyens de venir le voir.

J’arrête là les details sur sa vie, en n’abordant pas le harcèlement constant, les humiliations, les punitions, etc.


Il a vu disparaitre 350 personnes qu’il connaissait, certains devenus des amis, tous ayant été exécutés.


Alors comment ce film peut-il ne pas être déprimant ???


Vous demandez-vous sans doute.


Roger McGowen a un sourire lumineux, alors qu’il partage son experience. Il parle de son chemin intérieur de la colère à l’amour.


Au début, il s’est fermé refusant de sentir l’amour en lui.


Et puis un jour, à la manière de Viktor Frankl, il a repris son pouvoir, se disant qu’il n’avait certes pas le choix de ce qui lui arrivait mais qu’il pouvait choisir la manière dont il y réagissait.


Il explique aussi, comme Viktor Frankl, qu'il trouve du sens en apportant son aide aux autres.


Son ami, Pierre Praverdand, a écrit un livre Messages de Vie du couloir de la mort, où il partage de nombreuses lettres que Roger lui a écrit depuis 20 ans.


Il dit qu’il y a trois messages essentiels dans ses lettres.

Le premier est que nous pouvons tous faire le choix de ne pas être victime et de prendre l’entière responsabilité de notre vie quelqu’en soit les circonstances.

Le second est que nous créons chacun notre propre réalité par notre façon de regarder et d’interpréter les événements, les personnes et les circonstances de notre vie. Et qu’ainsi même là dans le couloir de la mort, il est possible de trouver la paix.

Et le troisième qui est que aimer/pardonner, est un choix que l’on fait à chaque instant.

A la fin de ce documentaire, quand je me suis levée pour aller dans la cuisine, je ne voyais plus ma maison pareil, ni le chat qui me faisait un câlin, ni l’espace autour de moi, ni la liberté d’aller et venir à ma guise… autant de choses que je prends si facilement pour acquises.

Apprécier ce qui est là… c’est le message qui m’accompagne depuis.

Dans l’introduction du livre, Pierre dit qu’il a beaucoup parlé avec Roger au sujet du livre, et celui-ci a insisté pour qu’il souligne qu’il n’est pas un « être exceptionnnel ».


« Placer Roger sur un piédestal, c’est le mettre hors de notre portée, et c’est se permettre de continuer dans la zone de confort du train-train quotidien où on se lance un minimum de défis. Roger est, comme nous tous, un « Monsieur Tout-le-monde ». Ceci signifie que nous aussi pouvons réaliser ce qu’il réalise, que nous aussi pouvons apprendre à aimer inconditionnellement, apprendre à pardonner ce qui semble impardonnable, apprendre à exprimer quotidiennement de la reconnaissance, même en enfer. »




Christel

Photo de Nic Berlin

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