Lâcher-prise



Impossible de parler de Lâcher-prise sans évoquer la confiance. Je pense toujours à elles deux, quand je vois la carte du Pendu.


Elles sont intimement liées, difficile de lâcher-prise sans faire confiance, et impossible d'apprendre à faire confiance sans lâcher-prise.


Dans le jeu de la confiance, Trust fall, où vous vous laissez tomber en arrière et les personnes derrière vous vous rattrapent, si vous ne leur faites pas confiance, si vous les pensez malveillantes, il y a peu de chance que vous vous laissiez tomber en arrière.


Et vous aurez raison, si vous êtes sûre que ce que vous croyez est vrai.


Sinon, laissez-vous tomber, et l'expérience vous prouvera que vous pouvez faire confiance.


Nous agissons ou n'agissons pas en fonction de nos prémisses, ce que nous tenons pour vrai au sujet de la Vie, des autres et de nous-mêmes.


Albert Einstein disait que la question la plus importante à se poser était

Est-ce que l’Univers est amical ?

Est-ce que la Vie est amicale? Ou, est-ce qu'elle est hostile, prête à nuire, punir?


Pour connaître la réponse à ses questions, il suffit de s'observer vivre, car les réponses se révèlent dans chacun de nos choix, chacune de nos actions.


Si vous croyez que la vie est une lutte, c'est ce que vos actions vont refléter.


Apprendre à lâcher-prise, changer ses croyances sur la vie, c'est inconfortable, et parfois douloureux. L'égo résiste, et se contracte. Faire l'expérience du Pendu, cela peut être difficile.


Quelqu'un m'a dit un jour, que dans le Tarot, la Papesse représentait la voie sèche et le Pendu la voie humide. La première, nous enseigne par l'étude et les livres, et le second par l'expérience. Avec le Pendu, nous trempons dedans, et nous pouvons ainsi prendre vraiment conscience de ce qui nous habite, nos schémas répétitifs, nos pensées limitantes, etc.


L'expérience est inconfortable certes, mais éclairante. Une fois que nous voyons ce qui nous habite, nous ne le prenons plus pour nous. Le résultat est souvent une ouverture du coeur et une plus grande liberté.


Faire l'apprentissage du lâcher prise, c'est apprendre à faire confiance à la Vie. Et je crois que le bonheur dans nos vies est directement proportionnel au degré de lâcher prise.



Voici ce que Etty Hillesum écrivait, en Mai 1943, dans son journal:


Et pourtant, quand je cesse d’être sur mes gardes pour m’abandonner à moi-même, me voilà tout à coup reposant contre la poitrine nue de la vie, et ses bras qui m’enlacent sont si doux et si protecteurs - et le battement de son cœur, je ne saurais même pas le décrire : si lent, si régulier, si doux, presque étouffé, mais si fidèle, assez fort pour ne jamais cesser, et en même temps si bon, si miséricordieux...
Tel est une fois pour toutes mon sentiment de la vie, et je crois qu’aucune guerre au monde, aucune cruauté humaine si absurde soit-elle, n’y pourra rien changer. 



Christel

Photo de Ch Mouden