Apprendre à faire une pause, pour écouter son coeur



Créez une clairière dans la forêt dense de votre vie. ~Martha Postlewaite

Nous nous appelons êtres humains, pourtant la réalité de notre experience ressemble le plus souvent à celle de faire-humains.


Nous vivons dans ce que Tara Brach appelle la transe du faire.


Toujours en mouvement vers, toujours prêts à saisir. Nous avons ce sentiment constant que quelque chose manque, ou que quelque chose nous menace.


Nous restons ainsi coincés dans cette activité incessante, sans espace pour respirer.


Si nous avons tant de mal à faire des pauses, c'est que nous sommes programmés à faire. Nous fonctionnons en mode automatique, guidés par une part primitive et inconsciente de notre cerveau. Son travail est notre survie, et non notre épanouissement.


Nous sommes poussés à agir, par cette programmation inconsciente, et il est difficile de s'arrêter parce que agir nous donne l'impression d'avoir du contrôle sur les choses.


S'arrêter, relâcher sa saisie, c'est se sentir vulnérable.


Tout comme un feu a besoin d'air et d'espace pour brûler avec éclat, pour que nos vies brûlent avec éclat, nous avons aussi besoin d'espaces. ~Tara Brach

Pourtant, nous avons besoin d'apprendre à faire des pauses, et pas uniquement dans les situations de stress. Quand nos vies sont trop pleine d'activités, il n'y plus d'espace pour laisser la sagesse s'exprimer.


Tout comme nous avons besoin de dormir pour sentir notre corps en bonne santé et plein de vitalité, nous avons aussi besoin de pause mentale - un moment où le monologue incessant s'arrête, où les histoires dans notre têtes s'interrompent, et où une sagesse plus profonde peut nous traverser.


Apprendre à écouter son coeur, c'est apprendre à faire des pauses .


Il nous faut apprendre à sortir de la transe du faire, pour laisser l'espace à cette sagesse profonde de s'exprimer.


L'apprentissage commence avec l'intention de voir comment nous pouvons faire ces pauses dans la journée, et puis vient la pratique.

Souvent au début, les clientes me disent qu'elles oublient, et elles s'en veulent d'oublier. Je leur réponds alors que nous oublions tous, car nous sommes programmés pour agir. C’est là que commence la pratique, observer toutes les fois où nous oublions, sans se juger.


Apprendre à faire des pauses, c'est accepter de ressentir l'inconfort.


Nous nous arrêtons l'espace d'une ou deux minutes et le système se met en alerte. C'est la façon dont Facebook fonctionne, si nous n'y allons plus, ou nous ne sommes pas assez actifs, le sytème se met à nous titiller avec toutes sortes de notifications, et de pop ups.


Les réseaux sociaux se sont inspirés des mécanismes de dépendances. Les algorithmes sont créés pour générer et entretenir cette dépendance. Ils tirent partie de cette "faiblesse" inhérente à l'être humain.


De même, quand nous faisons une pause, c'est inconfortable parce que le programme nous dit que quelque chose ne va pas, que nous devons agir immédiatement, que nous allons rater quelque chose.


La pratique consiste à observer cet inconfort.